Chapitre 10 : "Une vraierencontre, une rencontredécisive, c'est quelque chose qui ressemble au destin"
Tahar Ben Jelloun
Harry se tenait là, sur le petit îlot, droit et fier malgré la peur qui lui tiraillait le ventre. Son pire ennemi, le Seigneur Noir était devant lui, de l’autre coté du lac d’Inféri. Et pas n’importe lequel, son Voldemort, celui de son présent, et donc du futur, plus effrayant et puissant que jamais. Son visage blafard était déformé par la haine, mais là est son talon d’Achille, car ce sentiment fort de colère n’est ressentit que par les personnes faibles d’esprits.
Voldemort sortit sa baguette et s’avança vers lui, ne se préoccupant pas du lac. Un phénomène se produisit alors, impressionnant mais lugubre. Le Lord avançait toujours et alors qu’il allait mettre un pied dans l’eau, il ne s’enfonça pas, il marchait sur l’eau. Les Inféri voulurent l’emporter, sortant leurs membres d’un blanc cadavérique, mais ils furent comme rejetés et s’immobilisèrent à nouveau, flottant à la surface. Mais où avait-il acquis cette puissance ?
Harry, baguette dans une main, médaillon dans l’autre, attendait l’arrivée du meurtrier de ses parents, de ses amis, de ses proches et de tant d’autres. Comment allait-il s’en sortir ? Il était pris, il ne pouvait pas s’enfuir.
- Comment as-tu su Potter ? demanda t-il d’une voix doucereuse mais qui annonçait le début d’une immense colère. Les Horcruxes ! J’étais le seul !
- Tu ne l’es plus, Tom ! J’ai découvert ton secret, et je t’anéantirais.
Voldemort éclata de rire, un rire froid, résonnant contre les parois de la grotte.
- Il en faudra plus que ca, Harry ! Jusque là, tu t’en es sortit grâce à la chance, c’est elle qui te maintient en vie.
- Il est vrai que j’ai de la chance de t’avoir, collé à mes basques, dit-il avec ironie.
Il était fou de parler ainsi mais c’était ce qu’il voulait, mettre Lord Voldemort dans une rage sans pareil.
- Cette fois-ci, tu ne t’en sortiras pas vivant, Potter, dit-il en avançant toujours plus vers lui.
- Oui, oui, dit Harry d’un ton nonchalant, tu avais dit ca lors de ma première année, puis dans le cimetière et …
- Silence ! hurla Tom Jedusor.
Un éclair vert se dirigea vers Harry qui eut à peine le temps de faire une roulade, évitant le sortilège de la mort. A la va-vite, il accrocha le pendentif autour de son cou et il sentit un sentiment de puissance. Un sourire naquit sur ses lèvres, et il se releva en vitesse alors que Voldemort arrivait enfin sur la petite île. Mais il ne vit que trop tard un autre rayon vert voler dans sa direction, la mort se rapprochait petit à petit, il le sentait. Par reflexe, il ferma ses yeux d’un beau bleu océan et il sentit une douleur immense dans sa poitrine, au niveau du cœur. Il ouvrit la bouche et un hurlement strident, exprimant tout le mal qu’il ressentait à ce moment, en sortit. Puis, plus rien, le noir total et juste un sentiment de liberté et de bien être ainsi qu’une caresse sur la joue.
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Une jeune fille était assise sur le rebord de la fenêtre, les pieds se balançant dans le vide, sans crainte de tomber. Elle regardait le ciel s’obscurcir de minute en minute, le soleil se couchait à l’horizon derrière la forêt interdite, donnant au ciel une magnifique couleur orangée. Elle caressait d’une main distraite son chat noir, Akila, son compagnon de toujours. Elle était perdue dans ses pensées mais un sentiment étrange lui fit froncer les sourcils, c’était comme un appel, une force mystérieuse.
Lentement, elle sortit de la salle commune, sa cape bordée de bleu flottant derrière elle. Ses pas la menèrent à l’extérieur, dans le parc de Poudlard. Elle hésita à s’y aventurer car le couvre feu était pour bientôt, mais cette force mystique se renforça, et la curiosité l’emporta sur sa raison. Elle arriva près du lac et elle s’immobilisa en apercevant un corps étendu près de l’eau, dans l’herbe fraiche. Elle pensait faire demi-tour et appeler les secours mais son instinct lui disait d’approcher. Elle reconnu alors Thomas, le nouveau de Serpentard et elle s’agenouilla pour prendre son pouls. Faible mais régulier, tout allait bien. Elle soupira de soulagement et un objet étendu à coté de lui attira son regard. Une carte. Elle représentait deux personnes enlacée sous un soleil ardent et le chiffre dix-neuf était écrit en lettre romain. Une sorte d’aura entourée cette carte, si bien qu’elle la lâcha de peur de toucher à de la magie noire.
La jeune fille reporta son regard sur Thomas et elle vit une trace rouge sur son front. Intriguée, elle leva la main pour dégager quelques mèches, mais elle ne put aller plus loin, car une main avait saisi son poignet et sans qu’elle sache comment, elle s’était retrouvée sur le dos, deux émeraudes la fixant dangereusement.
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Harry se sentait bien, il avait l’impression de planer. Il aurait voulu rester ainsi pour l’éternité, d’ailleurs, était-il mort ? Non, sinon il ne sentirait pas sous ses mains l’herbe le chatouiller, il n’entendrait pas le doux clapotis de l’eau. Etait-il toujours dans la caverne ? Non, il n’y avait pas d’herbe et il sentait une aura bienfaisante près de lui. Mais, un autre bruit se mêla à celui de la nature, des bruits de pas. Harry sentait peu à peu revenir à lui mais il ne fit aucun geste et il respira lentement, essaya de se calmer pour ralentir son pouls. Il ressentait au plus profond de lui-même que cette personne n’avait pas de mauvaises intentions mais autant en être sûr. Il sentit de nouveau ses doigts se rapprochant de sa cicatrice, et alors qu’elle allait la toucher, Harry ouvrit brusquement les yeux, lui saisit le poignet et la retourna pour se retrouver à cheval sur elle, le regard méfiant.
Lentement, il changea pour laisser place à l’indifférence, c’était juste une fille, une Serdaigle d’après son uniforme. Voyant que la position devenait assez gênante, il se dégagea en marmonnant un « désolé » à peine audible. Il s’assit alors à coté d’elle dans l’herbe regarda les environs, il était retourné à Poudlard. Comment ? Il toucha sa poitrine et sentit le médaillon à travers, il l’avait enfin trouvé mais pourquoi était-il toujours en vie ?
- Excuses moi, je ne voulais pas t’importuner, dit la jeune fille en se relevant, époussetant ses vêtements. J’étais juste inquiète et …
Elle ne continua pas sa phrase, si elle disait qu’elle avait ressenti comme un appel, il la prendrait pour une folle. Déjà que tout le collège la regardait en biais, elle n’avait pas besoins de ca en plus. Elle vit alors qu’elle tenait toujours la carte dans sa main.
- Hum, je … j’ai trouvé ceci près de toi … je … je ne sais pas si … bégaya t-elle.
Harry était toujours dans la lune mais il la regarda quand même du coin de l’œil. En voyant cet objet, il écarquilla les yeux.
- Où as-tu trouvé ca ? demanda t-il en prenant la carte des mains de la jeune fille.
- Je ne l’ai pas volé si c’est ce que tu penses, elle était juste là, à coté de toi, dit-elle avec une pincée d’indignation.
Harry ne l’écoutait même plus, il fixait la carte avec intensité. Il était pourtant sûr et certain de ne pas l’avoir sur lui en allant à la caverne. La carte dix-neuf du tarot, le soleil, apportant succès et protection, elle l’avait aidé à se retrouver dans les limbes de la mort. Un fin sourire étira ses lèvres, il n’était pas le survivant pour rien.
Dans le reflet de l’eau, il vit la serdaigle le regarder curieusement, essayant de détailler un peu plus ce qu’il tenait dans les mains. C’est alors qu’il s’aperçut d’une chose, ses yeux … ils avaient repris leur couleur d’origine. Sans hésiter, il ferma les yeux, leva sa main droite à hauteur de ses yeux en ne relevant que l’index et le majeur, ses deux doigts touchant presque son nez.
- Ibdal Lawn Bassira, chuchota t-il d’une voix rauque.
Lorsqu’il les ouvrit, ils avaient repris leur couleur bleu-vert. Derrière lui, la jeune fille n’y comprenait plus rien.
- Qu’est ce qu’il s’est passé ? demanda t-elle innocemment.
Harry se releva vite et passa à coté d’elle.
- Ne te mêle pas de cela, dit-il sèchement en continuant son chemin.
Mais il ralentit le pas à fur et à mesure qu’il s’éloignait. Finalement, il se retourna vers l’inconnue qui avait baissé la tête, honteuse d’avoir était trop curieuse.
- Ecoutes, je ne veux pas que tu es de problèmes à cause de moi, c’est tout, dit-il plus doucement.
Elle releva la tête, plongeant dans l’océan de ses yeux. Pendant un instant, elle eut un doute. N’avait-elle pas cru voir deux émeraudes, ou était-ce son imagination ? Oui, elle avait du rêver. Elle lui adressa alors un petit sourire, sourire que lui rendit Harry en lui tendant une main.
- Je m’appelle Mary, Mary Higgles, dit-elle tout en se relevant.
Harry hocha la tête et ensemble ils rentrèrent au château, juste à l’heure du couvre feu, ne se doutant pas qu’à l’orée de la forêt, quatre paires d’yeux les observaient.
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Elle étouffait, elle n’arrivait pas à reprendre son souffle. Autour d’elle, tout devenait flou, elle avait la tête qui tournait. La main devant la bouche, elle toussait, comme si elle cherchait à supprimer cette chose qui lui opprimait les poumons.
Le soleil se levait à l’horizon, le matin arrivait. Katrina s’appuya contre le dossier d’un fauteuil pour rester sur ses pieds mais en une dernière respiration sifflante, elle s’écroula au sol, évanouie.
Elle aurait pu rester ainsi pendant des heures si un élève matinal aux cheveux gras n’était pas descendu dans la salle commune.
- Merde ! pesta t-il en accourant auprès de la jeune fille.
Il posa deux doigts à son cou, et comme il le pensait, le pouls était trop faible. Un élève de première année descendit à son tour et devant le regard que Severus Rogue jeta sur lui, il faillit remonter.
- Vite, vas chercher Slughorn. Dépêches toi, cracha t-il.
Le pauvre petit courut aussi vite qu’il le put hors de la salle commune et revint quelques minutes plus tard accompagné d’un homme de petite stature, "extraordinairement gras", au crâne chauve et luisant et également d’une femme portant une blouse blanche, l’infirmière de l’école.
- J’ai l’impression que cette crise a été plus violente, dit-elle en l’examinant rapidement.
- Pompom ? Que se passe t-il ? Savez-vous quelque chose ?
Pomfresh se tourna vers lui, ses yeux lançant des éclairs.
- Je suis sous le secret professionnel, professeur. Mais cette fois-ci, mes soins seuls ne suffiront pas. Il faut l’emmener à Sainte Mangouste, dit-elle fermement.
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Au matin, la grande salle était remplie des étudiants affamés, dévorant leur petit déjeuné. Deux personnes se jetaient de petits regards en coin depuis leur table, l’un à Serpentard, l’autre à Serdaigle. Un groupe de quatre personnes observaient leur manège, les sourcils froncés.
- Il m’intrigue de plus en plus, pas vous ? demanda James Potter en buvant distraitement son jus de citrouille.
Ses compères hochèrent vigoureusement la tête sans cesser de fixer Thomas.
- E plus, j’ai comme l’impression que … c’est difficile à expliquer. Je ressens comme … un lien.
Sirius, qui était en face de lui, recracha tout le contenu de son verre à la figure de son meilleur ami.
- Non, James, ne me fais pas ca …
- Faire quoi ? demanda James en essayant d’essorer ses vêtements regorgeant de jus de citrouille.
- Tu sais, je t’aimerais toujours autant, tu es un frère pour moi. Je ne te laisserais pas tomber.
Les trois autres maraudeurs se tournèrent vers lui, se demandant bien ce qu’il voulait dire.
- Mais qu’est-ce que tu me racontes.
- Bah de ton …, il baissa la voix, homosexualité.
Encore une fois, Sirius Black venait de nous montrer tout son géni. Mais James ne put répliquer car le professeur McGonagall arrivait dans leur direction. Le gryffondor se leva en levant les mains en l’air.
- C’est pas moi, j’vous jure madame. Je n’ai pas fait exploser les toilettes, dit-il avec un air de chien battu.
Le professeur McGonagall leva un sourcil mais ne s’attarda pas sur cet élément.
- Monsieur Potter, c’est à propos de Miss Summers. Nous avons du la transférer d’urgence à Sainte Mangouste, dit-elle avec un air grave.
Dès lors, le sourire de James se fana pour laisser place à l’inquiétude. Les maraudeurs suivaient le mouvement et plus loin, Harry fixait le petit groupe, les mains jointes, espérant que tout allait bien.
A suivre …